A chaque fois que je lis un récit d’accouchement et que vient le moment où le bébé est posé sur le ventre de sa maman, je suis bouleversée. Vous savez, ce moment si spécial de la rencontre, cet instant débordant d’émotion où la maman se sent inondée d’amour pour son enfant, un amour infini, sans condition, cette reconnaissance instinctive de la chair de sa chair, quelque chose de fort, de doux… une évidence.
Je suis bouleversée parce que mon cœur martèle : « pourquoi pas moi? » Je suis frustrée de ne pas avoir ressenti ça, un peu envieuse, triste aussi d’avoir manqué un tel moment, comme s’il m’avait été volé. Parfois, je me dis que c’est ce qui m’a manqué pour créer un premier vrai lien avec mes Minis, que c’est ce rendez-vous raté qui m’a conduite au burn-out.
Assurément j’ai trop fantasmé ce moment merveilleux, c’est mon côté fleur bleue et idéaliste… moi qui pensais m’évanouir de bonheur, comblée d’amour, de bien-être et de joie de vivre pour toujours.
Peut-être que finalement je n’étais pas réellement prête à être maman et que si j’accouchais à nouveau aujourd’hui, tout serait différent.
Certainement que ma césarienne en urgence pour Minilady 1 n’a pas favorisé la magie de la rencontre. Parce que comme plus beau jour de ma vie, on repassera! Et je ne te parle même pas du calvaire des jours suivants à la maternité.
Il est probable qu’inconsciemment la peur de perdre ma fille avant de la connaître m’a poussée à refuser l’attachement, à en différer l’instant.
Puis j’ai été si mal pendant 2 mois, perdue dans un nouveau château, croulant sous les cartons et les travaux dans un village au milieu de nulle part avec personne à qui parler, perdue de ne pas comprendre pourquoi Minilady 1 pleurait, bataillant vaillamment pour réussir l’allaitement… et cette cicatrice de césarienne qui refusait de se refermer, ces nuits sans sommeil, cet épuisement…
J’ai des tas de bonnes excuses!
Mais ma culpabilité ne laisse rien passer, je ne me pardonne pas. Je ne me suis pas sentie immédiatement maman comme toute ces femmes. C’est comme si je ne faisais pas vraiment partie du club, comme si j’avais été mise sur le banc de touche, exclue de la fête, des réjouissances… pas le droit au bonheur.
Moi, « être maman » ça m’est venu ensuite, progressivement… et j’ai encore parfois du mal avec ça… trouver ma place… c’est laborieux… mais je n’ai plus peur, j’ai toujours été une grosse bosseuse. Moi l’amour pour mes Minis je l’ai construit jour après jour, nuit après nuit dans un sourire ou une colère, dans un premier pas ou une première bosse, dans une dent tombée ou dans un vomis nocturne, à coups d’humour corrosif… ça ne s’est pas fait tout seul naturellement. Et ça reste une blessure douloureuse, une souffrance diffuse…
Alors j’entends déjà les réactions : « mais il n’y a pas qu’une seule manière de devenir maman, chacun est différent!!! L’important n’est pas le chemin pour y arriver mais le résultat : un maman aime ses enfants! »
Entièrement d’accord! C’est évident! Mais j’aurais aimé que ce soit plus facile et plus naturel! La relation que j’ai aujourd’hui avec mes Minis serait plus sereine, moins tourmentée.
A présent j’espère juste ne pas faire trop d’erreurs,
même si plus tard ils me renient,
et que tout ça ne leur coûtera pas une blinde en thérapie.



on ne nait pas maman on le devient… nos enfants en sont nos guides, finalement je ne sais qui de l’enfant ou de l’adulte apprend le plus à l’autre!!
j’ai vécu les deux expériences
pour mon ainé j’ai demandé à qu’on ne me le mette pas sur le ventre car je ne supporte pas la vue du sang et je n’avais pas envie que mon premier geste pour mon fils soit un geste de rejet et de peur pour le deuxième pas le temps de dire quoi que ce soit il était là et pour ma fille née par césarienne en urgence j’aurai tellement voulue l’avoir et je n’ai vu que le bout de son nez
mais 4h après l’accouchement ils sont venus me la mettre en peau à peau et j’ai fondu de bonheur.
je pense comme maman poutu que l’on ne nait pas maman mais qu’on le devient.
bisous et amitiés de Suisse
Je me reconnais beaucoup dans ton recit! Moi aussi j’ai mit longtemps à réaliser. Pour moi ça a été une rencontre, une tendresse qui s’est installé petit à petit et un amour qui a grandit de jour en jour!
Je ne pense pas qu’il y ait une case « je me sens maman » qui s’allume quand tu accouches : c’est un sentiment latent, qui s’insinue progressivement.
Enfin, moi, je le vis comme ça : l’amour que je porte à mes enfants est en moi, c’est viscéral. Il se renforce avec le temps.
On s’est toutes senties démunies un jour où l’autre et surtout au début!!! Je crois que tu fais partie des mamans « normales » (enfin si norme il y a…)
j’ai eu et j’ai toujours beaucoup de difficulté avec mon fils…un accouchement violent, un épuissement absolu, j’ai souvent l’impression qu’on a eu du mal à se rencontrer lui et moi.
avec ma fille c’est plus facile, accouchement plus facile il n’y a pas eu beaucoup d’émotions mais la rencontre a été plus zen. je me suis laissé aller plus facilement.
Ton billet est fort. Mm si mon expérience de la plongée en maternité est différente, il fait remonter des choses. Je crois qu’on nous serine tellement (par les films entre autres) depuis notre enfance qu’être maman c’est FORMIDABLE qu’on s’y attend dans la seconde où le bébé naît. Mais non, ça s’apprend, plus ou moins vite, plus ou moins facilement, chacune avec ses faiblesses. Tu es j’en suis sûre une maman extra et p-e que tu te sentiras mieux dans ton rôle quand tes Minis deviendront Maxis… ♥
c’est dingue mais encore une fois c’est exactement ce qu’il s’est passé pour moi et miss M. Césarienne en urgence, allaitement foireux et l’impression de ne rien contrôler et d’être jugée par tout le monde.
Oh comme je te comprends!!
Et tu as digéré tout ça ou bien ça t’est resté en travers de la gorge?
Ben après 9 ans et deux autres nains, on peux dire que j’ai « digéré » mais Miss M. elle, non!! c’est incroyable ce que les enfants peuvent assimiler comme charge négative! Mais ça c’est une autre (longue) histoire.
Moi ça fait 7 ans! Mais faudrait qu’on parle un jour de ça ensemble. Je trouve aussi que ma Mini 1 porte quelque chose de ça!
avec plaisir! je pense que ça peut etre intéressant d’avoir un autre point de vue.
j’ai tellement détesté mes grossesse que j’ai eu peur de ne pas aimer mes enfants
avec Poupette c’est venu instantanément dès que je l’ai saisi pour la mettre sur mon ventre
avec Bibou c’est venu avec la première tétée, seuls dans la chambre d’accouchement
mais je n’ai pas pleuré, ça n’a pas été un bouleversement comme j’ai pu le voir dans des émissions, ou comme on a pu me le raconter. c’était « intérieur’, uniquement pour moi.
je deviens maman jour après jour, nuit après nuit (et les nuits me paraissent encore plus longues que les journées). je ne suis pas une maman parfaite loin de là, je fais avec les moyens du bord avec mes doutes, mes questions, mes coups au coeur et au ventre lorsqu’ils se font mal ou qu’il pleurent, mes remises en question quasi quotidienne
Merci pour ton témoignage, pas de bouleversement pour moi, pourtant je suis hyper sensible… C’est venu à tout petits pas…
Très joli article, ou je me retrouve totalement. J’ai eu deux accouchements, l’un en césarienne, l’autre normalement. Et bien je peux te dire que la façon dont tu accouches change énormément ta perception du sentiment d’être maman.
Pour ma première, j’ai donc eu une césarienne et on me l’a prise pendant de longues heures ou j’ignorais même si elle allait bien. Voilà j’étais maman mais sans plus, en fait avant d’être maman j’étais traumatisée.
Pour ma petite dernière, accouchement normal, et ce moment magique ou on te la pose sur le ventre. Et bien je peux te dire que là tu te sens vraiment maman, tu sens ce lien d’attachement profond qui se crée immédiatement et que tu sais déjà que rien ne pourra détruire.
On ne nait certainement pas maman, on le devient, avec plus ou moins de mal, avec plus ou moins de temps.
Merci pour ton témoignage, je me sens moins seule!